Un voyage, un vélo, un apport, un matelas de sécurité : on épargne rarement « en général ». On épargne pour quelque chose, et souvent pour une date. La page Objectifs d’Arca suit ces projets. Vous dites combien vous visez, ce qui porte l’argent — un compte ou une enveloppe — et, si vous le voulez, pour quand. Arca vous dit où vous en êtes, et combien mettre de côté chaque mois.
La page s’ouvre par l’entrée Objectifs de la rubrique Plus, dans la barre latérale (au téléphone, dans la feuille Plus). La recherche (⌘K ou Ctrl+K) y mène aussi.
Un objectif d’épargne mesure, il ne déplace rien
Un objectif d’épargne ne bouge pas un centime. Il n’affecte rien à une enveloppe, n’entre pas dans « À affecter » et ne change le Besoin d’aucune enveloppe. Il lit un solde et le compare à votre cible.
Pour en créer un : Nouvel objectif, puis quatre champs.
- Nom.
- Montant cible.
- Suivre le solde de : Un compte ou Une enveloppe, puis lequel.
- Date cible (facultatif), au jour près.
Sans compte ni enveloppe, Enregistrer refuse et le dit : « Choisissez un compte ou une enveloppe à suivre. » Un objectif qui ne suivrait rien resterait à zéro pour toujours. Les comptes clos ne sont pas proposés, sauf celui qu’un objectif suit déjà ; côté enveloppes, seules les enveloppes de dépense non masquées le sont, plus celle que l’objectif suit déjà.
Ce que suit la progression
La progression n’est jamais enregistrée : Arca la recalcule à chaque affichage, à partir de ce que l’objectif suit.
- Un compte : son solde du jour. Une écriture datée de demain ne compte qu’à partir de demain.
- Une enveloppe : son disponible du mois en cours, compté sur les comptes suivis par le budget. Une affectation le fait monter ; une dépense dans l’enveloppe le fait baisser, et la progression avec lui.
Corrigez une écriture, déplacez de l’argent : la carte suit, sans rien ressaisir. Arca ne se connecte à aucune banque, donc le solde suivi est celui de vos saisies et de vos imports. Un compte dédié au projet se lit mieux : un objectif adossé au compte courant monte et descend avec le salaire et les factures.
La carte donne un pourcentage, une barre et deux montants : ce qui est suivi, « sur » la cible. Le pourcentage est arrondi vers le bas, donc 99,95 % s’affiche « 99% », et « 100% » n’arrive qu’avec l’objectif atteint. Un solde négatif laisse la barre vide ; un solde au-delà de la cible la laisse pleine.
L’objectif s’exprime dans la devise de ce qu’il suit, sans conversion. Un compte en dollars donne un objectif en dollars, et le montant cible se saisit dans cette devise, affichée à côté du champ. Une enveloppe compte dans la devise du budget.
À 100 %, la carte dit « Atteint ». Rien ne se déclenche : Arca ne déplace pas l’argent et ne ferme pas l’objectif. La suite vous appartient — dépenser, viser plus haut, supprimer l’objectif.
Le versement mensuel
Avec une date cible, la carte ajoute une ligne, par exemple « À épargner ≈ 400,00 €/mois d’ici mars 2027 ». Le calcul est celui de l’objectif d’enveloppe « Par date » : ce qui reste à réunir, divisé par les mois qui restent, mois de l’échéance compris, arrondi au centime supérieur. Seul le mois de l’échéance compte, pas son jour : pour le 15 mars comme pour le 31, mars est un mois où vous pouvez encore verser.
Un exemple fictif. Le 12 octobre 2026, vous créez « Vélo cargo » : 3 000 € pour le 15 mars 2027, adossé à un compte d’épargne qui porte déjà 600 €.
- Il reste 2 400 €. D’octobre à mars, octobre et mars compris, il y a six mois : 400 € par mois. La carte affiche 20 %.
- En novembre, le calcul repart de ce qui est vraiment sur le compte :
- vous avez versé 400 € : il reste 2 000 € sur cinq mois, toujours 400 € ;
- vous n’avez rien versé : 2 400 € sur cinq mois, 480 € ;
- vous avez versé 600 € : 1 800 € sur cinq mois, 360 €.
Le jour même où vous versez les 400 € d’octobre, la ligne descend à 333,34 € : octobre compte encore parmi les six mois. Elle repasse à 400 € en novembre.
Un mois sauté ne devient pas un retard caché : il se répartit sur les mois suivants. En mars, mois de l’échéance, la carte demande tout ce qui manque.
Sans date cible, pas de ligne mensuelle : la carte donne le pourcentage et les deux montants.
Échéance dépassée, objectif non suivi
À partir du mois qui suit l’échéance, plus aucun versement n’est proposé. La carte dit ce qui manque, en ambre, par exemple « Échéance dépassée — il manque 400,00 € », et sa barre passe en ambre elle aussi. Une nouvelle date cible relance le calcul.
Un objectif qui ne suit plus rien — son enveloppe a été supprimée, ou son compte a disparu — affiche « Non suivi » à la place du pourcentage, et « Choisissez un compte ou une enveloppe à suivre. » Un 0 % mentirait : plus rien n’est mesuré. Supprimer une enveloppe ne supprime pas ses objectifs : ils la quittent et attendent un nouveau lien. Quand c’est le compte qui a disparu, la carte n’affiche pas non plus la cible, faute de connaître sa devise.
Supprimer, et revenir en arrière
Touchez la carte pour modifier l’objectif ; la corbeille, au bas de la feuille, le supprime. Un message confirme « Objectif « Vélo cargo » supprimé. » et propose Annuler. ⌘Z (Ctrl+Z) fait de même.
Les réalisations
Deux réalisations de la page Réalisations portent sur les objectifs d’épargne : Cap fixé — créer votre premier objectif d’épargne — et Objectif atteint — atteindre 100 % d’un objectif d’épargne. Une fois débloquées, elles restent acquises, même si l’objectif redescend sous 100 % ou si vous le supprimez : Arca les garde dans votre budget, avec leur date. Tant que « Objectif atteint » ne l’est pas, sa barre suit votre objectif le plus avancé.
Objectif d’épargne ou objectif d’enveloppe ?
Arca a deux sortes d’objectifs, et leur nom les distingue.
- L’objectif d’enveloppe se pose sur une enveloppe, dans le Budget. Il dit combien affecter à cette enveloppe — chaque mois (« Mensuel »), chaque semaine (« Hebdo »), pour une échéance (« Par date »), pour garder un niveau (« Recharger ») — ou il fixe un plafond de dépense (« Plafond »), qui ne finance rien. Pour les autres, ce qui manque pour le tenir entre dans le Besoin de l’enveloppe.
- L’objectif d’épargne vit sur la page Objectifs. Il mesure un compte ou une enveloppe, et ne demande rien au budget.
Avec une échéance, les deux appliquent la même formule. Ce qui les sépare, c’est ce qu’ils regardent et ce qu’ils pilotent. L’objectif « Par date » suit le disponible de son enveloppe et vous dit quoi affecter ce mois-ci. L’objectif d’épargne peut aussi suivre un compte hors budget, un livret par exemple, que le budget ne voit pas.
Pour une facture qui revient chaque année, l’objectif « Par date » est le bon outil : les factures annuelles le montrent pas à pas. Pour un projet qu’on épargne à côté du budget, c’est l’objectif d’épargne.
Le rappel d’une forte dépense, dans l’objectif d’enveloppe
Une dépense annuelle — une assurance, une révision — est celle qu’on oublie de prévoir. La recherche le mesure. Howard et ses collègues ont suivi pendant cinq semaines 187 membres d’une coopérative de crédit canadienne. Ils avaient prévu en moyenne 2 276,74 $ de dépenses pour le mois ; ils en ont dépensé 2 693,51 $, soit une prévision 15,5 % trop basse. Selon les auteurs, on prévoit à partir de ses dépenses habituelles, et les dépenses inhabituelles restent hors de vue. Demander aux participants de penser aux raisons pour lesquelles le mois pourrait différer de l’ordinaire a relevé leurs prévisions de 36,7 %, et l’écart a cessé d’être significatif. Sussman et Alter avaient montré le même angle mort en 2012 : les dépenses exceptionnelles sont sous-estimées au total, et surpayées une à une, parce que chacune paraît unique.
Arca rappelle ces dépenses par un fait tiré de vos écritures. Quand vous ouvrez l’objectif d’une enveloppe qui n’en a pas encore, et qu’un mois de l’année passée lui a coûté nettement plus que d’habitude, l’éditeur s’ouvre sur « Par date » et écrit, sous le montant, par exemple :
Par date : 420,00 € pour mars 2027
Vous avez payé 420,00 € en mars 2026.
Utiliser remplit le montant et l’échéance, à la fin du même mois l’an prochain. Si vous l’ignorez, la proposition ne laisse rien derrière elle.
Elle n’apparaît que si toutes ces conditions sont réunies :
- l’enveloppe n’a encore aucun objectif ;
- elle a au moins douze mois clos d’historique ;
- un de ces mois lui a coûté au moins 2,5 fois sa moyenne mensuelle sur ces douze mois — le plus récent, s’il y en a plusieurs ;
- ce mois a été une sortie : un remboursement reçu n’est jamais présenté comme un paiement ;
- le même mois de l’année suivante est encore à venir : rien n’est proposé pour le mois en cours.
Une réserve sur ces études : elles mesurent l’exactitude d’une prévision, pas l’épargne, et elles n’ont pas testé une application. Rien ne prouve qu’un rappel dans Arca fasse épargner davantage. Il rend seulement visible ce que la prévision oublie.
La suggestion apprend de vos saisies : elle obéit donc à l’interrupteur « Proposer à partir de mes saisies », dans Réglages, section « Données & confidentialité », activé d’origine. Coupé, plus aucune réserve n’est suggérée. Réactivé, elle revient : rien n’est stocké, elle est recalculée à chaque ouverture. Ce qu’Arca apprend de vos saisies détaille tout ce que coupe cet interrupteur.
Pour aller plus loin
- Une dépense annuelle lissée sur l’année avec un objectif « Par date » : les factures annuelles.
- La méthode en dessous : le budget par enveloppes appliqué à un vrai budget.
- L’interrupteur qui coupe ce rappel, et tout ce qu’Arca apprend : ce qu’Arca apprend de vos saisies.
- Chaque champ, pas à pas : documentation — les objectifs d’épargne.
Sources
- Ray Charles Howard, David J. Hardisty, Abigail B. Sussman et Marcel F. Lukas — Understanding and Neutralizing the Expense Prediction Bias: The Role of Accessibility, Typicality, and Skewness, Journal of Marketing Research 59(2), 2022, 435-452 (dix études, N = 6 044 ; étude 1 : 187 membres de Vancity, coopérative de crédit canadienne, suivis cinq semaines ; prévision mensuelle 2 276,74 $, dépense 2 693,51 $, soit 15,5 % de moins ; consigne « atypique » : prévisions relevées de 36,7 %, écart restant non significatif ; ni l’épargne ni une application ne sont mesurées).
- Abigail B. Sussman et Adam L. Alter — The Exception Is the Rule: Underestimating and Overspending on Exceptional Expenses, Journal of Consumer Research 39(4), 2012, 800-814 (sept études ; dépenses exceptionnelles sous-estimées au total et surpayées une à une ; une intervention qui les fait voir comme un ensemble réduit l’excès).
