Alternative à YNAB : ce qui change quand on budgète en euros

Commençons par ce qui est vrai : YNAB est un très bon logiciel. Sa méthode est solide, son interface est mûre, et une bonne partie de ce que fait Arca lui doit quelque chose. Si YNAB vous convient, il n’y a aucune raison d’en changer.

Cet article s’adresse à ceux pour qui il ne convient pas — et les raisons, en Europe, sont assez spécifiques.

Les trois frictions européennes

La facturation est en dollars. YNAB coûte 14,99 $ par mois ou 109 $ par an, avec un essai de 34 jours. Le montant n’est pas converti : votre carte encaisse le taux de change du jour, plus, selon la banque, une commission sur opération en devise étrangère. Le coût réel varie donc d’un mois sur l’autre, ce qui est particulièrement ironique pour un outil de budget.

La synchronisation bancaire est inégale hors Amérique du Nord. Elle repose sur Plaid, dont la couverture est excellente aux États-Unis et au Canada, plus irrégulière au Royaume-Uni et dans l’Union européenne. Beaucoup d’utilisateurs européens finissent en import de fichiers — c’est-à-dire exactement le mode manuel qu’ils voulaient éviter, mais en payant pour l’automatisme.

Les données ne sont pas chiffrées de bout en bout. Ce n’est pas un reproche, c’est une caractéristique d’architecture, partagée par la quasi-totalité des applis de budget : pour catégoriser vos transactions côté serveur, il faut pouvoir les lire. C’est un choix cohérent, simplement pas le même que le nôtre.

Ce qu’il ne faut surtout pas changer

La méthode.

Les quatre règles de YNAB — donner un rôle à chaque euro, provisionner les grosses dépenses, s’adapter plutôt que rompre, faire vieillir son argent — sont bonnes, et ce n’est pas parce qu’on change d’outil qu’on doit les abandonner. Elles sont d’ailleurs indépendantes du logiciel : nous les détaillons dans la méthode des enveloppes appliquée à un vrai budget.

Le piège classique quand on quitte YNAB, c’est de partir vers un simple suivi de dépenses. On y gagne du confort et on y perd tout l’intérêt.

Les trois familles d’alternatives

Méthode Connexion bancaire Chiffré de bout en bout Tarif public
YNAB Enveloppes (zéro-based) Oui, via Plaid Non 14,99 $/mois · 109 $/an
Actual Budget (auto-hébergé) Enveloppes (zéro-based) Selon l’installation Optionnel Gratuit, licence MIT
Agrégateurs français (Bankin’, Linxo…) Suivi et catégorisation Oui, c’est le principe Non Offres gratuites et payantes
Arca Enveloppes (zéro-based) Non Oui, par défaut Non annoncé — beta gratuite

Les agrégateurs français sont excellents pour voir où part l’argent, et ils sont conçus pour le marché français. Ce ne sont pas des outils de budget par enveloppes : ils décrivent le passé plutôt qu’ils n’allouent le présent. Si votre besoin est « comprendre mes dépenses », ils font le travail mieux que YNAB.

Actual Budget est le choix évident si vous savez administrer un serveur. Licence MIT, auto-hébergeable dans un conteneur Docker, chiffrement de bout en bout en option, imports QIF/OFX/QFX/CSV. C’est gratuit au sens du logiciel — pas au sens du temps : une machine, des sauvegardes et des mises à jour restent à votre charge. Pour beaucoup, c’est un plaisir ; pour d’autres, c’est rédhibitoire.

Arca vise le tiers restant : la méthode des enveloppes complète, hébergée par nous, chiffrée de bout en bout par défaut, sans rien à administrer.

Ce qu’Arca ne sait pas faire

Un comparatif où l’auteur gagne toujours ne sert à rien. Au moment où ces lignes sont écrites :

Comment choisir, en trois questions

Votre banque est-elle bien couverte par YNAB ? Si oui et que le prix ne vous gêne pas, restez. Sérieusement.

Êtes-vous prêt à saisir ou importer vos transactions ? Si non, prenez un agrégateur et renoncez aux enveloppes ; les deux ensemble n’existent pas dans un modèle chiffré de bout en bout.

Voulez-vous administrer un serveur ? Si oui, Actual Budget est difficile à battre. Si non, mais que la confidentialité compte, c’est le créneau d’Arca.

Pour aller plus loin

Sources